De l’Histoire scientifique au XIXe siècle (Récit Historique) par Auguste Laugel

De l’Histoire scientifique au XIXe siècle (Récit Historique) par Auguste Laugel

Titre de livre: De l’Histoire scientifique au XIXe siècle (Récit Historique)

Auteur: Auguste Laugel

Broché: 34 pages

Date de sortie: December 31, 2015

Téléchargez ou lisez le livre De l’Histoire scientifique au XIXe siècle (Récit Historique) de Auguste Laugel au format PDF et EPUB. Ici, vous pouvez télécharger gratuitement tous les livres au format PDF ou Epub. Utilisez le bouton disponible sur cette page pour télécharger ou lire un livre en ligne.

Auguste Laugel avec De l’Histoire scientifique au XIXe siècle (Récit Historique)

Extrait du livre :

L’histoire des sciences physiques et naturelles n’est, pour d’autres motifs, guère mieux connue que celle des mathématiques pures. Dans les sciences physiques les hypothèses sur la matière, dans les sciences naturelles les méthodes de classification, jouent un rôle prépondérant. Aussitôt que ces hypothèses et ces classifications se modifient, la langue est presque changée ; les écrits des anciens deviennent peu à peu incompréhensibles à la majorité des lecteurs. Combien de chimistes lisent aujourd’hui les livres où règne la croyance au phlogistique ? Le plus médiocre traité de physique moderne nous en apprend plus sur les propriétés de la lumière que l’Optique de Newton. Tel est le sort fatal des savants : plus vive est l’impulsion qu’ils donnent à leur temps, plus ils hâtent le moment où leurs ouvrages, quelquefois même leurs noms, doivent tomber dans l’oubli.

S’il n’est pas difficile d’expliquer, par toutes ces raisons, pourquoi l’histoire des sciences est si ignorée, il ne l’est pas plus de montrer que cet abandon est très regrettable. Entrepris par de vrais savants, dans des ouvrages comme celui qui a inspiré cette étude, les travaux d’un tel ordre nous fourniraient, pour l’histoire même de l’esprit humain, les documents les plus précieux. L’origine des langues, des idées métaphysiques et religieuses, demeure enveloppée d’une obscurité que la critique ne pourra jamais entièrement dissiper. Il n’en est pas ainsi des sciences : elles sont pour la plupart le fruit le plus récent du travail de la pensée humaine. Les siècles modernes ont vu fonder ces méthodes précises, auxquelles la chimie, la physique, la médecine, doivent leurs rapides et éclatants progrès.

Qu’un esprit philosophique observe les phases diverses de ce grand mouvement scientifique, il reconnaîtra bientôt qu’en remplissant sa laborieuse tâche, la pensée humaine n’a procédé qu’avec ordre ; qu’obéissant instinctivement à une loi supérieure, elle est toujours allée du simple au composé, et s’est dirigée avec une étonnante perspicacité. Qu’y a-t-il pour nous, jetés sur cette planète, de plus simple, de plus constant, de plus inaltérable que les mouvements des corps célestes ? Si sublime par l’infinité de son objet et les hautes pensées qu’elle inspire, l’étude des cieux était néanmoins plus directement abordable que celle d’un insecte vivant. Nous sommes tenus d’isoler les phénomènes avant d’en rechercher les lois, et les phénomènes célestes sont par eux-mêmes entièrement isolés. C’est pour cela que l’astronomie est la plus antique des sciences. Si loin que nous remontions, nous la trouvons cultivée chez tous les peuples, en Égypte, en Grèce, en Chine. M. Biot nous fait connaître un système d’observations astronomiques qui remonte aux temps les plus reculés.

La loi générale de l’univers découverte par Newton, il ne restait à ses successeurs qu’à en multiplier les applications. L’une des forces qui régissent la nature était connue ; pour étudier les autres, il fallait descendre des cieux sur la terre. La physique étudia les agents auxquels sont soumis les phénomènes les plus généraux qu’on y observe ; la chimie, les actions mutuelles des substances variées qui s’y rencontrent. Ce n’est qu’après avoir approfondi les propriétés de la matière inorganique qu’on a pu avec quelque succès aborder l’étude de la matière organisée dans les plantes, les animaux des divers ordres, et enfin dans notre espèce elle-même. Le ciel, la terre, l’homme, voilà donc l’ordre logique aussi bien qu’historique des sciences.

On pourrait croire que les mathématiques pures, dont les raisonnements n’embrassent que des abstractions, auraient dû se développer en pleine indépendance, sans obéir en rien aux nécessités qui pesaient sur l’étude de la nature.